Lors de sa conférence de presse, le 3 mai, Eric Besson, secrétaire national du PS à l’économie, a souligné, chiffres du ministère des finances à l’appui, l’échec lourd du gouvernement en matière économique. Croissance molle, dette publique vertigineuse ou encore augmentation du nombre de RMIstes, le programme économique de la droite a sans aucun doute prouvé son inefficacité et gravement dégradé la situation économique française. Réaliste, Eric besson, estime que les marges de manœuvres pour le prochain gouvernement seront limitées, demandant « un pilotage macro-économique très fin ».
Stagnation et affaiblissement économiqueLe bilan économique, quatre après l’arrivée au pouvoir de la droite et un an avant l’échéance présidentielle, est inquiétant. « Aucun des ministres des finances que la droite épuise régulièrement au bout de quelques mois à Bercy n’a su restaurer la confiance, pas plus auprès des Français que de nos partenaires européens. La France n’est plus aujourd’hui en situation d’impulser, au niveau communautaire, une politique économique coordonnée. Au cours de ces quatre années, c’est le crédit de la France qui s’est érodé », constate Eric besson. Le premier échec de la droite repose sur une stagnation économique. La croissance est, depuis 2002, cantonnée dans un rythme de 1,5% par an en moyenne alors que la croissance mondiale s’établit, en 2005, à plus de 4%. Il faut donc, selon le secrétaire national à l’économie, s’interroger sur les raisons qui font que la France n’arrive pas à profiter de ce dynamisme mondial. Car, la France perd petit à petit son influence extérieure avec un déficit du commerce extérieur qui n’a jamais été aussi élevé, de l’ordre de 26,5 milliards d’euros.
Mais la croissance n’est pas la seule a montré des signes inquiétants d’essoufflement, l’emploi lui aussi souffre. En effet, le pays n’a créé depuis 2002 que 24100 emplois nets contre 2 104 300 entre 1997 et 2002.
Des pauvres plus pauvres et un Etat surendettéLe deuxième échec de la droite repose, quant à lui, sur une mauvaise gestion de l’économie. La droite, si entêtée à détruire les « rigidités structurelles » et à démanteler tout ce que la gauche avait construit, n’a pas su mettre en œuvre des mesures favorisant l’innovation. Elle a emmené à plusieurs reprises, et la dernière fois à cause du CPE, la population dans la rue, si bien que comme le dit Eric besson, « le gouvernement a projeté vers le reste du monde l’image d’une société bloquée, n’avançant qu’à coups de crises successives ». Toutes les mesures qu’elle a mises en place ont favorisé les catégories de la population les plus aisées. Droits de succession, prêts à taux zéro étendu aux ménages touchant entre 4000 et 7000 euros par mois, modifications des tranches de l’impôt sur le revenu, tout a été fait pour rabaisser le niveau de vie des plus pauvre et augmenter celui des plus riches !
De plus, malgré ses discours pour un allègement des taxes, les prélèvements obligatoires ont encore augmenté, atteignant 44,3% du PIB en 2005 contre 43,5% en 2002. Mais, l’échec le plus grave réside dans l’accroissement vertigineux de la dette publique qui est passée de 58,8% du PIB en 2002 à 66,8% en 2005. Enfin, à cette liste d’échec s’ajoutent des réformes annoncées sans financement. Du Plan de cohésion sociale à la baisse de l’impôt sur le revenu, en passant par la réforme de la taxe professionnelle, l’ensemble des coûts que représentent ces mesures a été reporté à 2007.
Adopter une stratégie économique réaliste, juste et innovanteLes conclusions de M. Besson ne sont donc pas très joyeuses. Le gouvernement actuel a fait preuve d’une absence de stratégie claire, et d’un pilotage économique laborieux. La clé, pour les socialistes, se trouvera donc dans une croissance économique forte qu’il faudra mettre en œuvre. Loin de tout discours idéaliste, le Parti socialiste sait et dit qu’il n’existe pas de recette miracle. Il propose donc une stratégie responsable fondée sur trois objectifs : relancer le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes, améliorer le système de production français pour améliorer sa capacité à gagner des parts de marché et, mettre un terme à l’augmentation de la dette publique tout en menant des réformes de fond, comme la pérennisation du système de retraite et de santé collective. Dans tous les cas, les états généraux du projet socialiste, qui se tiennent à Bordeaux, le 6 mai, mettront au débat de nombreuses propositions socialistes axées autour de sept grands objectifs : faire de l’emploi la première des priorités, mettre l’Europe au service de l’industrie et de la croissance, réhabiliter l’impôt citoyen, redonner du pouvoir d’achat, faire le choix de l’innovation, mener une politique industrielle offensive, enfin, dynamiser le tissu de PME et responsabiliser les entreprises.