Le Premier Ministre a confirmé ce matin son intention de précipiter l’adoption du contrat « première embauche », dispositif qui marquerait une précarisation généralisée de la jeunesse dans notre pays.
La précipitation du calendrier parlementaire n’est destinée qu’à prendre de vitesse le mouvement de contestation provoqué par ce projet, rejeté par l’ensemble des organisations syndicales et des associations de jeunesse, qui n’ont jamais été consultées préalablement à son annonce. Cette méthode illustre le peu de considération que porte le gouvernement à la représentation nationale et aux partenaires sociaux.
Déjà, en milieu de semaine dernière, la majorité faisait passer à la sauvette au Sénat un amendement ouvrant l’accès à l’intérim aux salariés qui travaillent déjà à temps partiel ou à temps plein dans une entreprise, ce qui revient à encourager le développement des travailleurs pauvres dans notre pays.
Sur le fond, le projet d’institution d’un contrat « première embauche » avec période d’essai de deux ans pour tous les jeunes de moins de 26 ans constitue une nouvelle étape du démantèlement complet du droit du travail auquel se livre la droite depuis près de quatre ans. Il témoigne ainsi du mépris profond qu’a ce gouvernement pour la jeunesse, déjà injustement stigmatisée lors des mouvements lycéens ou de la crise des banlieues.
Ce nouveau contrat n’est pas un projet pour l’emploi. Il constitue d’abord un nouveau cadeau aux entreprises. S’ils sont institués, les contrats « première embauche » remplaceront les CDI et mais également les CDD, sans aucun effet sur l’emploi. Il en est de même de la décision d’exonérer de toutes cotisations patronales les contrats de travail conclus avec des salariés de moins de 26 ans, comme le montre l’échec cuisant du dispositif « contrat jeunes » institué en 2002.
Ces projets font en revanche peser de très lourdes menaces pour l’ensemble des jeunes dans notre pays, qui risquent de ne connaître que précarité et exclusion jusqu’à l’âge de 26 ans. Au-delà, ils menacent directement l’ensemble de la société française, puisque le Premier Ministre lui-même ne cache pas son souhait d’étendre le dispositif CPE à l’ensemble des salariés et des entreprises.
Face aux dangers que représentent ces projets pour le pacte social dans notre pays, le Parti socialiste demande solennellement au gouvernement de les retirer. En tout état de cause, il apporte dès à présent son entier soutien et participera à l’ensemble des mobilisations visant à faire échouer ces projets.