Vous appelez toujours au retrait du texte. Pour quelles raisons ?
Benoît Hamon. Ce n'est pas parce qu'un texte très mauvais devient un peu moins mauvais que nous allons l'approuver. La logique de cette directive, c'est de déréglementer, de niveler par le bas. A ce stade, le texte reste nocif pour le modèle social européen.
Pourtant, le sujet le plus polémique, la règle du pays d'origine, a été retiré ?
Oui, mais cela ne signifie pas pour autant que c'est la législation du pays de destination qui s'appliquera aux salariés qui viennent travailler dans un autre Etat. La Cour européenne doit trancher cette question et la directive n'apporte pas la réponse. Par ailleurs, toute une série d'articles ont levé les principes qui permettaient à un Etat de s'opposer à l'installation d'une entreprise ou de salariés de l'Union sur son territoire. Un exemple : jusqu'à présent, il fallait - dans certains secteurs - justifier d'un nombre minimum d'employés. Un principe balayé par la directive. Imaginez dans le cas d'une colonie de vacances : des prestataires d'autres pays de l'Union pourront exercer cette activité en France, même sans avoir un encadrement minimum pour assurer la sécurité des enfants.
Les socialistes français vont voter contre le texte, tandis que le Parti socialiste européen l'a adopté ; c'est un peu difficile à suivre...
Les socialistes autrichiens, belges, italiens ou encore portugais y sont aussi opposés. Les socialistes français vont certainement voter en faveur des amendements qui améliorent le texte. En revanche, nous serons contre le texte final qui reste un mauvais texte.
Propos recueillis par Valérie Hacot
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